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TON MARI est
boulanger, il a forcément de l'argent ! Dis-nous
où est l'argent, dis-nous où est le coffre...
Les mots de ses deux agresseurs résonnent encore
dans la tête d'Irène Hérault, 65 ans. Lundi
soir, elle et son époux, Michel Hérault, ont
été séquestrés par deux hommes encagoulés à
leur domicile de la rue Bossuet, à deux pas
de la maison d'arrêt de Beauvais. De toute évidence,
le couple, propriétaire de plusieurs boulangeries
dans le Val-d'Oise et le sud de l'Oise, n'a
pas été ciblé par hasard. Pour eux, le calvaire
aura duré plus d'une heure. Une heure que leurs
deux agresseurs ont consacrée à une fouille
intégrale et minutieuse du pavillon. Ils sont
repartis avec quelques bijoux et près de 3 000
€ en liquide. C'est clair que ce ne sont pas
des amateurs. Ils m'ont même appelée par mon
prénom ! Il est précisément 21 h 45 quand les
deux individus font irruption dans la maison.
J'étais seule, assise dans le canapé devant
la télévision, quand la porte s'est ouverte
violemment, raconte Irène Hérault. Ils m'ont
attrapée par le bras et m'ont traînée jusqu'à
la cuisine puis dans le bureau. A leur voix,
leur façon de parler, de se déplacer, je dirais
qu'ils devaient avoir entre 25 et 30 ans. Visiblement,
les malfaiteurs étaient bien informés. Incroyablement
bien renseignés, insiste Irène Hérault. C'est
clair que ce ne sont pas des amateurs. Ils m'ont
même appelée par mon prénom ! Et, par moments,
j'avais l'impression qu'ils connaissaient l'agencement
des lieux... La date même de l'agression en
dit long sur les informations dont disposaient
les voleurs. Le lundi est effectivement le jour
où l'on trie la monnaie , confie l'épouse du
boulanger. Bilan : 12 kg de pièces de 1 € et
2 € envolés, soit 1 800 €. Les malfaiteurs sont
là depuis environ vingt-cinq minutes quand Michel
Hérault regagne son domicile. Les deux types
se sont précipités sur lui, ils nous ont forcés
à nous asseoir par terre, dos à dos, et ils
nous ont attachés avec du gros ruban adhésif.
Pendant ce temps-là, ils ont tout fouillé, rez-de-chaussée,
étage, tout. Ils ont retourné ma chambre, ma
commode, ma lingerie. C'est un véritable viol.
Confiée à la police de Beauvais, l'enquête en
est à ses balbutiements. Mais, fatalement, on
ne peut s'empêcher de faire le rapprochement
avec la série d'agressions qui a frappé bon
nombre de commerçants du Beauvaisis. Une chose
est sûre, ce nouveau vol avec violence apportera
de l'eau au moulin de Marcel Campion. Le 16
mai, le bouillonnant roi des forains a d'ailleurs
prévu une nouvelle réunion d'information pour
faire le point sur les investigations menées
après la sauvage agression de son frère André.
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